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OVH : La longue marche vers le Cloud privé externe

OVH Samedi 10 Décembre 2011 à 13:19:14 Par Hélène Caraux Lus ( 1887fois )

Le cabinet indépendant Markess international avec la participation de Bull, Coreye et OVH a récemment publié une étude complète sur les datacentres et les Clouds privés d’entreprise en France. Hélène Caraux, chef de projet Cloud Computing chez OVH revient sur les principaux résultats.
 

Premier constat, le Cloud Computing est massivement intégré dans la logique des entreprises. Pour 66% des 150 décideurs sondés, le Cloud est une réalité, en déploiement ou en test. Seuls, 5% disent n’avoir actuellement « aucun intérêt » pour ce type de technologie.


« L’adoption des processus de virtualisation est entrée dans les mœurs et connaît une croissance exponentielle », commente Hélène Caraux. Elle ajoute : « Il y a encore un an, le Cloud était considéré comme un phénomène de mode porté par la terminologie séduisante d’informatique dans les nuages. Mais on se disait aussi que ça ne durerait pas. Or on se rend compte aujourd’hui que les entreprises l’ont adopté très rapidement et l’intègrent dans leurs projets à court terme. Les IT sont bel et bien entrées dans une nouvelle ère. »
On note par ailleurs que la part du budget informatique allouée aux datacentres internes ou externes (25% en 2011) augmentera d’ici 2013 pour 46% des décideurs interrogés. La croissance devrait donc être soutenue.

 

Vers davantage d’externalisation des serveurs

 

Parmi les grandes tendances notables, 62% des 150 décideurs sondés envisagent une hausse du nombre de leurs serveurs hébergés à l’extérieur d’ici 2013. Pour Hélène Caraux, ce phénomène tient à deux raisons majeures : « Logiquement, les entreprises ont, et auront de plus en plus, recours à des prestataires ou à des hébergeurs pour leurs données, leurs applications et services en mode Cloud parce que la technologie et les infrastructures nécessaires sont complexes et coûteuses à mettre en œuvre. Les investissements à la fois matériels et humains pour passer au Cloud sont souvent difficiles à supporter pour une entreprise seule. Au contraire, un hébergeur dispose des compétences techniques pour effectuer toutes les opérations de création, de gestion et de maintenance, il peut diminuer et lisser ses coûts. Et en termes d’infrastructures, il peut déployer les technologies les plus performantes. Sur Private Cloud, par exemple, nous utilisons les Nexus 5000, des routeurs qui demandent des compétences réseau poussées et qui mobilisent un budget conséquent. En optant pour un hébergement externe, les entreprises se libèrent des contraintes hardware. »

L’étude Markess fait également apparaître que le choix d’un datacentre externe ou interne correspond à deux approches différentes du Cloud Computing. « La plupart de ceux qui déploient un Cloud en interne ne développent pas de processus d’automatisation de livraison des ressources alors que c’est un des critères fondamentaux du Cloud, explique Hélène. Les entreprises qui font le choix d’un Cloud hébergé en interne ont comme objectif prioritaire de mutualiser leurs serveurs, de réduire leurs coûts matériels et énergétiques. Certains prévoient bien de mettre en place en interne des processus d’automatisation, ajoute-t-elle, mais ce sera très long et très coûteux. Et finalement, ce ne sera toujours pas vraiment du Cloud parce qu’avoir des ressources disponibles à la demande à tout moment implique d’en avoir d’avance, préconfigurées et préinstallées. Or ce type de gaspillage est antinomique avec le principe même du Cloud. »

 

Les entreprises plus exigeantes avec les datacentres externes

 

Disponibilités, performances réseau, garanties et SLA restent les principaux enjeux auxquels font face les datacentres externes.

70% des décideurs disent notamment souhaiter un Tier 3 minimum pour leur Cloud privé externe alors qu’ils sont 50% à rechercher un Tier 2 minimum pour un datacentre interne. « Les entreprises se posent beaucoup de questions sur la disponibilité des services, le degré de technologie développée dans les datacentres externes, le réseau, les latences. Cela signifie qu’elles chercheront un hébergeur avec de solides critères différenciateurs. Notre réseau en fibre optique avec une bande passante de 900 Gbps, ses 31 points de présence sur 3 continents et une surveillance 24h/24 constitue un argument majeur pour convaincre les entreprises de notre fiabilité. », explique Hélène.
La sécurité et la confidentialité font également partie des préoccupations majeures des décideurs et restent un des principaux freins psychologiques à l’adoption d’un Cloud privé externe. « Pourtant on n’entre pas dans un datacentre comme dans un moulin ! s’exclame Hélène. Les accès sont extrêmement contrôlés, il y a des caméras de surveillance, des portes blindées, des systèmes d’alerte très sophistiqués, sans compter les vérifications humaines. Le niveau de sécurité des datacentres d’OVH est bien plus élevé que celui de la plupart des autres entreprises. »
Et c’est du côté des grandes entreprises que les exigences vis-à-vis des hébergeurs seront les plus fortes. Celles qui ont plus de 100 serveurs optent actuellement très majoritairement (à 91%) pour un datacentre interne. « Il va falloir montrer patte blanche, dit Hélène. Mettre en place des contrats spécifiques avec des engagements, des garanties, des certifications. Ces entreprises accordent beaucoup de crédit aux certifications ISO et PCIDSS** entre autres. »
Hélène souligne aussi l’importance accordée par les entreprises à la localisation des datacentres qui favorise les hébergeurs européens par rapport aux Américains : « Les entreprises françaises préfèrent que leurs serveurs soient en Europe, mettant ainsi leurs données à l’abri des effets du Patriot Act*. »

 

Un fort besoin d’infogérance

 

Par ailleurs, l’étude Markess fait clairement apparaître le besoin d‘accompagnement des entreprises pour leur environnement Cloud. Ainsi, plus de 50% des décideurs disent avoir ou prévoir des contrats d’infogérance. « Le Cloud, c’est complexe et chaque société nécessite une solution sur mesure pour profiter pleinement de l’optimisation que représente l’adoption de la virtualisation, commente Hélène. C’est pourquoi nous proposons un suivi technique personnalisé (Global Solutions). Une équipe d’ingénieurs dédiés qui mettent leur matière grise au service des entreprises. Nous avons également un réseau de partenaires et revendeurs qui font de l’infogérance pour nos produits Cloud et, avec toutes les nouvelles fonctionnalités à venir, il sera encore plus facile pour eux de gérer plusieurs clients sur un même serveur. »

Enfin, quand on lui demande ce qui l’a le plus surpris dans l’enquête, Hélène Caraux répond : « D’abord, que le premier prestataire de Cloud cité soit Amazon ! Parce que c’est une étude française et qu’en France comme en Europe, énormément de prestataires proposent déjà des solutions de virtualisation. Ensuite, beaucoup d’entreprises citées comme prestataires de Cloud font en réalité de l’infogérance et ne disposent donc ni de datacentre ni de réseau. C’est le signe d’une méconnaissance encore assez profonde des acteurs du marché. Il nous reste donc à faire une offre qui concurrence vraiment Amazon avec une machine virtuelle disponible à la demande partout dans le monde et à mieux nous faire connaître comme prestataire fiable et d’envergure internationale. ».

 
* Le 26 octobre 2001, dans le sillage des attentats du 11 septembre, le Congrès américain a adopté une loi antiterroriste permettant aux autorités l’accès aux données hébergées par des entreprises américaines, mettant ainsi en péril leur confidentialité.
**Le Payment Card Industry Data Security Standard (PCI DSS) est un standard de sécurité des données pour les industries de cartes de paiement.

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